J'ai déjà mentionné le lierre. J'ai longuement étudié les cocons. Mais je n'ai jamais encore osé les plantes. Pas formellement. Elles étaient pourtant déjà partout, sauvages et sans gêne.
Changeantes et éphémères, fragiles et insouciantes, sans dessein et porteuses de sens, muetes et évocatrices. Bribes d'idées issues de rêves tombés en terre. Microcosmes qu'on croirait parfois capables d'engendrer.
Elles diffèrent autant entre elles que leur milieux. Les terres qui les nourrissent, bien que d'un même monde, n'ont pas les mêmes richesses. Les vents leur apportent parfois chagrin, parfois espoir. Rarement rumeur. Leurs soleils ne sont pas tous aussi généreux. Certains se font intraitables. Il en va de même des pluies.
Elles se sont adaptées avec tant de soins que l'idée d'en cueillir ne serait-ce qu'une me semble grotesque. Je me permets pourtant cet acte perfide pour vous présenter ici ce bouquet.
Celui-ci témoigne de mes sens, témoigne de mon trouble. Car il n'y a bien que le troublé pour chercher sans trouver. Je tourne en rond, m'imaginant plante, me souhaitant le mieux de la façon la plus naturelle.