d e r n i e r s c r i s
Notre regard sur nous-mêmes est imparfait ne pouvant être que partiel ou indirect. L'oeil n'est pas le seul à plaindre. On s'entend moins bien qu'on entend l'autre. On se sent moins bien aussi. On se touche mieux, par contre. La peau, comme la langue, n'est pas faite pour les grandes distances. Mais l'absence de distance est pénible aux autres sens.
Lorsqu'on réussit à se voir soi-même par quelque stratagème, l'image qu'on perçoit ainsi n'est pas seulement imparfaite, elle est aussi trompeuse parce que celui qui se sait regardé n'est plus authentique.
Dans ces conditions, toutes les photos du monde ont-elles davantage à donner qu'un simple miroir?
© 2008
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